Laurent Nuñez « conteste » une partie de la lettre que lui a envoyée Gérald Darmanin après l’affaire Lyhanna
De l’eau dans le gaz chez les poids lourds du gouvernement. Alors qu’il avait consacré ce jeudi 13 août un point presse à sa rencontre avec les représentants des pompiers, mécontents face au manque de moyens , Laurent Nuñez s’est retrouvé contraint de s’expliquer sur un tout autre sujet. Au terme de sa prise de parole, un journaliste l’a en effet questionné sur la lettre que lui a adressée fin juillet Gérald Darmanin , dans le prolongement de l’affaire Lyhanna .
Dossiers « fantômes » , enquêtes à l’abandon ou perdues, manque d’effectifs… Ce courrier en provenance du garde des Sceaux détaille nombre de défaillances majeures dans la prise en compte des violences sexuelles commises contre les enfants en France.
« J’ai effectivement reçu une lettre de Gérald Darmanin, à laquelle je répondrai. J’ai une réunion tout à l’heure avec l’ensemble des services de police, de gendarmerie, pour répondre point par point aux observations qui ont été faites par les parquets généraux (...) de manière constructive, sans aucune polémique » , a expliqué le ministre de l’Intérieur, comme vous pouvez l’entendre dans la vidéo plus bas .
Et le locataire de la place Beauvau de laisser malgré tout affleurer des points de friction, par exemple lorsqu’il précise qu’ « il y a un certain nombre de choses qui sont dites dans ce document qu’[il va] contester » . « Pas forcément le nombre de dossiers perdus qui est annoncé » , illustre-t-il, répétant qu’il va « répondre point par point » . « Mais comme Gérald Darmanin, je partage la même volonté, celle d’améliorer les choses » , ajoute Laurent Nuñez en signe d’apaisement.
« J’ai beaucoup de respect pour les personnels des parquets, et surtout aussi pour les personnels de police et de gendarmerie qui font un travail formidable en matière de judiciaire. C’est compliqué, la filière investigation, elle est en souffrance » , avait défendu juste avant le ministre.
Dans le document adressé le 29 juillet au ministre de l’Intérieur par son homologue de la Justice (et prédécesseur place Beauvau), il ressort une litanie de dysfonctionnements « d’ordre structurel » , écrit Gérald Darmanin. Ils tiennent à la question des moyens, de la formation, des outils et du pilotage, mais pas « à la volonté des personnels de terrain » .
Principale défaillance découverte par les procureurs qui se sont rendus dans les commissariats et gendarmeries : l’existence d’un gigantesque « stock fantôme » , soit des dossiers non répertoriés par la justice faute de lui avoir été transmis, comme nous l’apprenait le document révélé par le journal Le Monde et consulté par l’AFP. Ce stock représente l’écart entre le nombre de procédures dont les parquets - qui dépendent du ministère de la Justice - ont connaissance, et celles détenues par les services de police et de gendarmerie - qui dépendent du ministère de l’Intérieur.
Le manque d’effectifs est le plus criant, avec un « sous-dimensionnement parfois extrême » pour un enjeu théoriquement prioritaire : par exemple, six policiers seulement composent une équipe chargée de « plus de 4 000 procédures » .
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