Découverte de deux oiseaux sculptés dans l’ivoire datant de l’ère glaciaire
Mises au jour en 2025, deux minuscules figurines d’oiseaux datant de 40.000 ans, tout juste présentées au public, représentent la "découverte de l’année" pour les archéologues du Land de Bade-Wurtemberg en Allemagne. On peut dès à présent les admirer au Musée de la préhistoire et de l’art de la période glaciaire (urmu), à Blaubeuren, à 80 kilomètres de Stuttgart. C’est dans la célèbre grotte de Hohle Fels, dans le Jura souabe, qu’elles ont été trouvées, venant compléter un assemblage exceptionnel de représentations animales et autres artefacts témoignant de la productivité des premiers humains à l’avoir occupée.
Le Jura souabe est une chaîne de montagnes située au sud de Stuttgart, à la frontière entre le Bade-Wurtemberg et la Bavière. Il abrite plusieurs grottes ayant livré des objets remarquables, comme Hohlenstein-Stadel, où a été mise au jour une sculpture d’homme-lion taillée dans l’ivoire de mammouth, et Hohle Fels, qui est une source, semble-t-il inépuisable, d’objets sculptés. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle est étudiée depuis le 19e siècle, et les chercheurs de l’université de Tübingen la fouillent de manière systématique depuis 1977. Son occupation (par des Néandertaliens) remonte au Paléolithique moyen, mais les oiseaux mis au jour l’année dernière datent de la période suivante, le Paléolithique supérieur, et plus spécifiquement, d’une couche de l’Aurignacien (vers 40.000 avant notre ère).
Grotte de Hohle Fels, dans le Jura souabe. Crédits : Jens Burkert / Weltkultursprung
Ce sont donc des Homo sapiens dont les archéologues exhument ici les traces. Les fouilles se déroulent en plusieurs temps, étant donné la minutie requise pour déceler les trésors cachés dans le sous-sol. L’équipe dirigée par le professeur Nicholas Conard, directeur de recherche en préhistoire et protohistoire à l’université Eberhard-Karl de Tübingen, procède d’abord à l’excavation des sédiments, prélevés sur une profondeur de quelques centimètres, avant de les tamiser à l’eau. C’est seulement de cette manière qu’il est possible de récupérer des objets aussi délicats que les figurines d’oiseaux. En effet, de la taille d’un ongle, elles ne pèsent qu’un gramme, et selon les chercheurs, " avec deux centimètres de longueur, un centimètre de largeur et un demi-centimètre de hauteur, l’oiseau aux ailes déployées est même la plus petite de toutes les œuvres d’art de la période glaciaire connues à ce jour dans la région ". Les autres figurines retrouvées précédemment étaient à peine plus grandes : entre 3 et 9 centimètres.
Ces deux oiseaux sont représentés dans des positions différentes, ce qui force l’admiration des archéologues qui y distinguent deux lagopèdes, ou bien des faisans, ou même des rapaces, dont l’un serait au repos, peut-être en train de couver, et l’autre aurait les ailes déployées.
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