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Quand les drones ukrainiens donnent une leçon à l’armée américaine

L'Express ·
Quand les drones ukrainiens donnent une leçon à l’armée américaine

Cache-cache avec un blindé : l’idée avait ses limites.

Ce n’était heureusement qu’un entraînement, mais le résultat a suffisamment marqué les responsables militaires américains pour intéresser jusqu’au Pentagone : selon une enquête du Wall Street Journal , publiée à partir de témoignages de participants et de responsables informés de l’exercice, des opérateurs de drones ukrainiens ont largement dominé des troupes américaines lors de Combined Resolve, organisé au printemps en Allemagne.

Environ 3 500 soldats américains devaient attaquer une position adverse.

En face, la force chargée de jouer l’ennemi avait reçu un renfort assez peu académique : des soldats du 412e régiment ukrainien de systèmes sans pilote, plus connu sous le nom de Nemesis.

Après plus de quatre ans de guerre contre la Russie, ceux-ci ne découvraient pas exactement le mode d’emploi d’un drone.

Une visibilité coûteuse Les véhicules blindés américains, lourds et visibles lorsqu'ils soulevaient de la poussière, ont été repérés par des drones de reconnaissance, puis ciblés par des appareils larguant des explosifs et des drones FPV.

Dans ce type d'exercice, aucune explosion spectaculaire n’est nécessaire : lorsqu'un drone s’approche suffisamment d’un véhicule, un observateur peut simplement déclarer "détruit".

Les Ukrainiens le faisaient si vite que certains véhicules américains ont dû être réintroduits dans le scénario afin que l'entraînement ne s’arrête pas prématurément.

Encore une partie, en somme.

Cette défaite n’avait pourtant rien d’un piège.

Combined Resolve sert précisément à tester les unités dans des conditions proches du combat de haute intensité.

Les Américains disposaient d’ailleurs de moyens standard de brouillage et de lutte anti drone : leur difficulté tenait donc moins à l’absence d'équipement qu’à l’expérience de l’adversaire.

Depuis plus de quatre ans, les Ukrainiens apprennent à réparer, armer et modifier des drones sous pression, à changer de fréquence et à adapter leurs tactiques en permanence .

Les opérateurs américains disposent de technologies avancées, mais beaucoup moins de pratique dans ces conditions : "On ne peut pas obtenir un entraînement comme celui-là aux États-Unis", a résumé le général Alexus Grynkewich , plus haut responsable militaire de l’Otan.

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