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« Après 43 ans d’une carrière pénible, je regrette d’être à la retraite car tous les jours, je compte mon argent »

Ouest-France ·
« Après 43 ans d’une carrière pénible, je regrette d’être à la retraite car tous les jours, je compte mon argent »

Dans le cadre de notre rubrique « Courrier des lectrices et des lecteurs », P. T. (Gard) témoigne de ses difficultés financières en tant que retraité :

« En retraite depuis juillet 2024, j’ai vite déchanté de ma nouvelle situation. En effet, lorsque nous sommes en activité, nous « rêvons », élaborons des plans, avec les collègues on parle de voyages, de restaurants… Mais lorsque nous sommes à la retraite, la réalité nous rattrape, les rêves font place au stress, et l’on se demande surtout comment faire pour finir le mois correctement !

J’ai travaillé 43 ans sans arrêt maladie, en dehors d’une absence de six mois après un accident de voiture que n’était pas de ma faute (hospitalisation, rééducation…).

J’ai d’abord été technicien aéronautique – en base puis sur un porte-avions, au début de ma carrière –, et j’ai passé mes quinze dernières années en tant que responsable de l’organisme de gestion du maintien de la navigabilité de la flotte. Pendant quatre décennies, j’ai travaillé le jour, la nuit, les week-ends, les jours fériés. Lors du suivi de la flotte de la Sécurité civile (Canadairs, Trackers, Dash8 et B200), mes congés d’été étaient très courts (on avait deux semaines maximum).

Lire aussi : Courrier des lectrices et des lecteurs. « S’attaquer aux dépenses de l’État plutôt qu’aux retraités »

J’ai terminé ma carrière avec un montant de 4 500 € brut. Vu la pression dans ce métier (de la direction pour avoir la totalité des avions opérationnels tous les jours, ou pression du préfet à la direction se répercutant sur les responsables de la maintenance), à 60 ans, j’étais lessivé. Je suis parti en retraite anticipée à presque 61 ans.

Le montant net de ma retraite s’élève à 2 232 €. Avec cela, je dois payer en frais fixe ma mutuelle, mon assurance voiture, mon assurance maison, mes impôts fonciers, l’électricité, l’eau, mon forfait téléphonique, le crédit de ma maison (encore trois ans), mes frais bancaires, et je place 30 € sur une assurance vie. Au total, ces frais sont de 1 330 € tous les mois.

Par ailleurs, je m’occupe de ma mère qui a 95 ans, elle habite en Bourgogne. Je me déplace là-bas tous les deux mois (500 km aller, 500 km retour), ce qui me coûte au minimum 200 € (essence et péage). Mon frère, à la retraite, monte lui aussi en Bourgogne un mois sur deux, on se relaye. […]

Lire aussi : « Le système des retraites par répartition est devenu insupportable, il faut accepter une part de capitalisation »

À cela s’ajoutent 300 € pour mes courses et environ 100 € d’essence. Bref, j’arrive à des fins de mois où il me reste moins de 300 € ! Avec cela, je dois gérer les imprévus : les frais sur mon véhicule Toyota Yaris (78 € de contrôle technique en février, 350 € pour l’entretien en juin, 220 € pour les pneumatiques à changer), mon chauffe-eau qui tombe en panne (680 € en mars)… Bref, comme vous le voyez, certains mois sont plus que difficiles.

Ma compagne a ses propres frais avec un enfant à s’occuper. Elle gère son budget et moi le mien.

Je viens d’être informé ce matin d’une augmentation de 15,10 € pour l’assurance maison et de 11,36 € pour l’assurance voiture, donc des frais en plus.

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