Après les restrictions imposées à Meta aux Etats-Unis, l’Europe peut-elle aussi faire plier Instagram et Facebook?
À minuit, aux Etats-Unis, Instagram s’arrêtera. Jusqu’à 6 heures du matin, les adolescents américains pourront toujours envoyer des messages privés, mais le reste de l’application sera inaccessible. Le lendemain, pendant les cours, les notifications resteront silencieuses. Et sur l’ensemble de la journée, Instagram et Facebook ne pourront être utilisés que deux heures au total.
C’est le nouveau régime auquel seront soumis, dans les six prochains mois, les utilisateurs de 13 à 17 ans aux Etats-Unis. Meta, propriétaire des deux plateformes, a accepté ces restrictions dans le cadre d’un accord conclu avec les autorités américaines, après des années de procédures accusant ses réseaux sociaux de contribuer à la dégradation de la santé mentale des mineurs.
Les "likes" seront également masqués par défaut. Certains filtres transformant fortement le visage ou le corps seront bloqués. Et après quinze minutes d’utilisation continue, un rappel invitera l’adolescent à faire une pause. Les parents seront les seuls habilités à assouplir ces paramètres.
La mesure est spectaculaire. Et en Europe, la décision du groupe de Mark Zuckerberg replace, une nouvelle fois, le sujet de l'impact des réseaux sociaux sur les jeunes au centre du débat. Car si Meta peut imposer ces restrictions aux adolescents américains, pourquoi ne le ferait-elle pas aussi dans l'Union européenne, et donc en France?
La réponse est d’abord juridique . L’accord conclu par Meta avec les autorités américaines ne s’applique pas en dehors des Etats-Unis. Le groupe s’est engagé à verser jusqu’à 17 milliards de dollars sur dix ans et à modifier le fonctionnement de ses plateformes pour les adolescents américains. Mais l'entreprise californienne précise qu’il n’a pas vocation à faire jurisprudence à l’étranger. Autrement dit, rien n’oblige aujourd’hui Meta à programmer une extinction d’Instagram à minuit pour les adolescents français. Mais Bruxelles y voit un signal politique fort.
Dès le lendemain de l’annonce, la Commission européenne, qui détient une compétence centrale et exclusive pour réguler les très grandes plateformes de réseaux sociaux à l'échelle de l'UE, a demandé à Meta de proposer des mesures permettant de protéger les mineurs européens. "Nous attendons une gestion adéquate du temps passé devant les écrans, un contrôle parental approprié sur ces plateformes", a déclaré Thomas Regnier, porte-parole de la Commission européenne chargé du numérique. Et surtout, l'entreprise doit "protéger aussi nos enfants" en Europe.
Ce n’est pas un simple appel politique. Bruxelles dispose déjà d’un texte pour agir, le Digital Services Act (DSA). Depuis 2024, Meta fait l’objet d’une enquête européenne sur la manière dont Instagram et Facebook sont conçus. La Commission soupçonne notamment les deux plateformes de ne pas suffisamment limiter les risques d’addiction liés à leurs mécanismes de recommandation et à leurs interfaces.
En juillet, Bruxelles a franchi un cap en estimant, à titre préliminaire, que certaines fonctionnalités de Facebook et Instagram pouvaient enfreindre les obligations du DSA.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.bfmtv.com — le contenu appartient à BFMTV.