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Au sommet de l’UE, l’immigration fracture les Vingt-Sept, l'Espagne isolée

L'Express ·
Au sommet de l’UE, l’immigration fracture les Vingt-Sept, l'Espagne isolée

Un sommet européen qui s’éternise est souvent synonyme de désaccord.

Initialement prévu pour s’achever après le déjeuner vendredi 16 octobre, la réunion des dirigeants de l’Union européenne (UE) s’est prolongée jusque dans la soirée à Bruxelles, autour d’un sujet particulièrement clivant pour les 27 : l’immigration.

Dans le contexte particulier de la crise migratoire survenue à Ceuta pendant l’été 2026 - 70 000 hommes et femmes avaient alors franchi la frontière entre le Maroc et l’Espagne en 48 heures -, les membres étaient réunis pour discuter, entre autres, d’une "amélioration de leur politique migratoire" et d’un "renforcement de la solidarité des Etats membres" autour des dispositifs d’urgences, selon le site du Conseil européen.

Mais les discussions se sont vite crispées autour de la politique d’accueil espagnole.

Alors que les 27 approchaient d’un communiqué commun sur le sujet, le Danemark, l’Italie et la Pologne ont réclamé un durcissement du ton collectif.

Ces trois pays, dont les gouvernements soutiennent une ligne dure concernant l'immigration , souhaitaient intégrer dans les conclusions un appel à éviter toute mesure susceptible d’encourager l’immigration "irrégulière".

Une référence indirecte, mais peu discrète à la politique du dirigeant socialiste espagnol Pedro Sanchez, qui prévoit prochainement de régulariser la situation de 600 000 personnes sans papier.

"Elle pense que les migrants ne devraient pas se voir reconnaître de droits" Les débats qui s’en sont suivis ont fait émerger deux camps opposés parmi les Européens.

D’un côté, l’Espagne, soutenue notamment par la France et le Luxembourg, défend une politique migratoire plus ouverte.

De l’autre, une majorité d’Etats membres, dont le Danemark, la Pologne et l’Italie, plaide pour davantage de fermeté, avec la peur qu’une politique d’accueil n’ait des effets sur l’ensemble de l’Union Européenne.

Au plus fort de la crise de Ceuta , Rome et Copenhague avaient même été jusqu’à réclamer l’exclusion de l’Espagne de l’espace Schengen.

Pour rappel, les Vingt-Sept avaient déjà considérablement durci leur politique migratoire récemment : le 17 juin, le Parlement européen a approuvé un règlement facilitant l’expulsion des migrants en situation irrégulière, en allongeant les durées de rétention et en ouvrant la voie à la création de centres de retour en dehors de l’UE.

Le ton est monté, vendredi 16 dans l’après-midi, entre Pedro Sanchez et son homologue danoise Mette Frederiksen.

"Elle estime que les personnes se trouvant dans notre pays – ou dans n’importe quel autre pays – ne devraient pas se voir reconnaître de droits.

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