Présidentielle 2027 : pourquoi "l’élection la plus importante de la Ve" tourne à la foire à la saucisse
Compter le nombre exact de candidats à l’élection présidentielle devient un exercice périlleux.
Avec son annonce au journal télévisé de TF1 dimanche 30 août, Olivier Faure serait le 27e à entrer en lice.
Il succède à… Francis Lalanne, qui l’avait devancé de quelques jours, soutenu par Dieudonné.
La liste reste à compléter : pendant que l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin "se bat pour être candidat", l’essayiste Natacha Polony "n’exclut rien".
Faut-il en rire ou en pleurer ? On peut donc simultanément présenter le scrutin de 2027 comme "le plus important de l’histoire de la Ve République" et le transformer en foire à la saucisse.
Le seul objectif est-il de battre le record du mal nommé Guy Héraud, qui en 1974 n’obtint que 19 255 voix, soit 0,08% des suffrages exprimés ? Ou de tenir la raison à distance respectable des urnes ? La jurisprudence Hollande continue de planer, encore évoquée samedi (soit la veille de sa déclaration officielle, ce n’est pas un hasard) par Olivier Faure : "N’écoutez pas les ricaneurs, les analyses, les sondages […].
Je me souviens que François Hollande a commencé à 3 % et qu’il est devenu président de la République." Ils sont si nombreux parce qu’il faut battre l’extrême droite ? C’est en 2002, quand le nombre de candidatures fut le plus élevé de l’histoire (16), que le Front national a, pour la première fois, accédé au second tour.
Ils sont si nombreux parce qu’exercer cette responsabilité est devenu facile, à la portée de tous, dans le monde apaisé et souriant d’aujourd’hui, dans la France socialement unie et financièrement riche de 2027 ? Ce sont pour les deux premières présidentielles que le nombre de candidats fut le plus réduit : 6 en 1965, 7 en 1969.
On hésitait à l’époque avant de prétendre à la fonction suprême, alors que les conditions pour se présenter étaient plus souples (c’est après l’élection de 1974 que, sur une suggestion du Conseil constitutionnel, la règle des parrainages fut durcie, pour passer de 100 à 500).
Et on ne la considérait pas comme une compétition sportive ou un concours de beauté.
Souvenons-nous de la déception du général de Gaulle quand, au soir du premier tour en 1965, il fut mis en ballottage : "Une vague de tristesse a failli m’entraîner au loin", confiera-t-il quelques années plus tard.
75 candidats de 1965 à 2022 Il a beaucoup été question d’expérience le week-end dernier, par exemple pendant le débat entre François Hollande et Edouard Philippe à Sens.
Jusqu’à présent, c’était un critère plutôt mis en avant pour se présenter : parmi les 75 personnalités ayant été candidates à l’Elysée dans les onze scrutins au suffrage universel de 1965 à 2022, on compte neuf anciens Premiers ministres, 29 anciens ministres.
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