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Télévision. Invités critiqués, audiences mitigées : quel bilan pour Sonia Mabrouk après une semaine sur BFMTV ?

Le Progrès ·
Télévision. Invités critiqués, audiences mitigées : quel bilan pour Sonia Mabrouk après une semaine sur BFMTV ?

Sonia Mabrouk a fait parler d'elle dès son arrivée sur BFMTV. En interne, des journalistes redoutent que la chaîne d'informations se transforme en chaîne d'opinion.

La deuxième semaine de Sonia Mabrouk sur BFMTV sera-t-elle aussi animée que la première ? Il y a six mois, l'ex-présentatrice de CNews quittait la chaîne de Vincent Bolloré en pleine affaire Jean-Marc Morandini - du nom de l'animateur condamné pour corruption de mineurs -, qui, après avoir été un temps maintenu à l'antenne, l'a quittée et produit désormais l'émission "Police-justice" consacrée aux faits divers. Sonia Mabrouk, elle, officie depuis lundi dernier sur le canal 13, du dimanche au jeudi dans "100% Mabrouk". Des débuts qui ont été pour le moins remarqués... et commentés.

Avant même sa rentrée, la journaliste avait donné le ton : sans « importer une rédaction vers une autre », elle avait assumé vouloir parler de « nation et d’identité » dans son émission et y accueillir des « opinions tranchées », comme elle le faisait auparavant sur CNews. Elle a tenu parole, s'attirant les foudres d'une partie de la rédaction de BFMTV en à peine trois jours.

Dès mercredi, la société des journalistes (SDJ) de la chaîne lui a adressé une mise en garde, sous la forme d'un message envoyé aux équipes. En cause notamment : le choix des invités de Sonia Mabrouk lors de ses émissions de lundi et mardi, et plus précisément la venue de l'entrepreneuse Sophie de Menthon ainsi que de l'essayiste Céline Pina. Elle reproche à la première d'avoir « dit de Nafissatou Diallo que son viol est ce qui lui est arrivé de mieux dans sa vie » et à la seconde d'avoir « associé Zohran Mamdani, le maire de New York, aux terroristes de 2001 », mais aussi d'avoir « minimisé la mort d’enfants palestiniens ».

« Il n’est pas question que notre chaîne d’informations devienne sur cette émission une pâle copie d’une chaîne d’opinion », a alerté la SDJ, huit mois avant l'élection présidentielle. Dans un communiqué publié le même jour, les syndicats de journalistes SNJ et SNJ-CGT de RMC-BFM ont eux aussi accusé Sonia Mabrouk « d’importer la ligne de CNews », observant depuis lundi dernier « un défilé de personnalités d’extrême droite, toutes plus problématiques les unes que les autres » dans "100% Mabrouk".

Interpellée par la SDJ et les syndicats, la direction de BFMTV s’est publiquement dite « ravie d’accueillir Sonia Mabrouk » et assure lui faire confiance « pour faire vivre le débat dans sa pluralité ». La SDJ affirme qu'en coulisses, la direction aurait qualifié la venue de Sophie de Menthon et de Céline Pina d'« erreurs » de casting. Ce que réfute Sonia Mabrouk : invitée de "La Grande Matinale" de France Inter jeudi, la présentatrice a défendu « la liberté de choix des invités » et son « rôle de garde-fou ». Lors d'un échange agité avec Benjamin Duhamel, lui-même passé par BFMTV, elle a dénoncé « un procès d’intention ». « Trois soirs quand même, c’est un court bilan », a-t-elle fait valoir. Elle en a profité pour glisser qu'un patron du service public lui avait fait une « proposition » pour rejoindre une chaîne de télévision.

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