« La Fiancée de Frankenstein » : Boris Karloff et Elsa Lanchester dans une comédie monstre délirante
S’abonner permet de commenter les articles. Et pas que : vous pouvez les consulter et les offrir à vos proches.
Marlene Dietrich, Clark Gable ou Gary Cooper étaient les stars vénérées de l’âge d’or de Hollywood. Mais les années 1930 avaient aussi leurs idoles nocturnes du nom de Béla Lugosi, Boris Karloff ou Lon Chaney Jr., interprètes de monstres, savants fous, vampires et loups-garous. Parmi ce peuple des ténèbres, une seule star féminine : Elsa Lanchester, épouse à la ville de Charles Laughton, autre monstre de génie (« la Nuit du chasseur »).
Beauté fatale aux mouvements d’automate détraqué, la fiancée de Frankenstein n’apparaît à l’écran que quelques minutes, mais quelle apparition ! Une chevelure crêpée, rappelant la coiffe de Néfertiti, zébrée de deux éclairs blancs comme la marque de sa naissance électrique, des yeux noirs écarquillés, une bouche en cœur à la Betty Boop et de longs sourcils pointus remontant vers les tempes. Sur ses bras et ses mains, des bandages de momie rappellent les gants longs des femmes de la haute société.
Jack Pierce parvient à surpasser le maquillage, pourtant génial, de Boris Karloff, et invente la mode punk avec quarante ans d’avance. Le premier « Frankenstein » est un chef-d’œuvre d’horreur gothique, « la Fiancée… », une comédie délirante, noire et émouvante. Ouvertement homosexuel, ce qui était courageux dans les puritaines années 1930, James Whale fait de la créature l’éternel banni, pourchassé par une foule intolérante.
Karloff n’interprète plus une force destructrice mais un être sensible en quête d’amour et d’amitié. Doté de parole, il ordonne à son « père » de lui offrir une compagne pour mettre fin à sa solitude. Twist cruel, la fiancée hurlera de terreur en découvrant son prétendant, brisant le cœur du monstre.
Le coup de génie de James Whale est d’avoir confié à Elsa Lanchester le double rôle de la fiancée et de Mary Shelley, la créatrice littéraire de « Frankenstein ». Whale, anglais et lettré, réattribue la véritable maternité du mythe à cette grande autrice romantique, trop longtemps maintenue dans l’ombre de son mari, le poète Percy Shelley.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.nouvelobs.com — le contenu appartient à L'Obs.