Le jour où un avion Concorde a suivi une éclipse solaire en vol supersonique
Avec une trajectoire allant du Venezuela à l’océan Indien en traversant l’Afrique centrale, l’éclipse du 30 juin 1973 n’était pas visible directement depuis la métropole, à l’inverse de celle du 12 août 2026 . Le phénomène a pourtant passionné le pays, porté par une prouesse aéronautique nationale.
En effet, ce phénomène est resté dans les mémoires grâce à une expérience scientifique menée à bord du Concorde , y compris plusieurs dizaines d’années plus tard. Le célèbre avion supersonique franco-britannique, aux lignes si caractéristiques, a suivi cette éclipse à travers le monde lors d’une expédition inédite.
Les 5 éclipses solaires qui ont marqué l’histoire, avant celle du 12 août 2026 74 minutes d’éclipse à Mach 2 À bord, six hommes en charge du pilotage, ainsi que huit astronomes et un photographe à plus de 16 000 mètres d’altitude et filant à plus de deux fois la vitesse du son . Ils sont partis des îles Canaries pour atterrir près de trois heures plus tard à Fort-Lamy, actuellement connue sous le nom de N’Djaména, la capitale du Tchad.
Comme le rappelle Sciences et Avenir dans un article de 2017, l’expédition a eu lieu sous l’égide d’un astronome français : Pierre Léna. Le chercheur étudiait déjà des phénomènes solaires à bord d’avions aux États-Unis lorsqu’il a eu l’idée de mener ce type d’observation lors d’une éclipse.
L’intérêt est facile à identifier : au lieu de n’observer le phénomène que durant quelques minutes, au sol, le suivre à la bonne vitesse permet d’en profiter durant plus d’une heure. Pendant précisément 74 minutes, rappelle l’Observatoire de Paris.
Voici 2 astuces pour observer l’éclipse solaire du 12 août 2026, en plus des lunettes certifiées (et en toute sécurité) Cinq expériences en haute altitude Mais un Concorde seul ne présente pas trop d’intérêt en dehors de sa vitesse supersonique permettant de dépasser les 2 000 kilomètres par heure (plus de Mach 2, la vitesse atteinte pendant cette mission). Il fallait aussi l’équiper d’outils scientifiques dédiés afin de pouvoir conduire des observations astronomiques dans ces conditions très atypiques.
Des expériences ont été montées à la hâte car l’équipe scientifique n’a eu le feu vert des autorités que quelques mois avant l’échéance.
Cinq expériences ont été installées, essentiellement pour observer le Soleil en infrarouge et dans l’optique sans être gênées par l’atmosphère, et ainsi pouvoir admirer la couronne solaire, masquée depuis le sol par la diffusion de la lumière solaire dans l’atmosphère terrestre. Des caméras ont aussi été installées un peu partout dans l’appareil pour ne rien rater de l’événement.
L’éclipse dite du Concorde fut un grand succès, avec des images publiques de l’évènement et des données d’observation amassées en quantité. Et elle reste à ce jour la seule expérience menée dans ces conditions, avec un avion aussi rapide.
Cette expérience a depuis fait des émules et donné envie à d’autres scientifiques de suivre les éclipses suivantes avec des avions.
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