L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans s’effondre face au Conseil constitutionnel
Coup dur pour le gouvernement comme pour le parlement. L’échafaudage politique et juridique qui visait à tenir éloignés les mineurs des réseaux sociaux vient de s’effondrer brutalement, à deux semaines de la rentrée scolaire. Et tout l’édifice doit maintenant être reconstruit, ce qui ne sera de toute évidence pas possible dans les temps.
Saisi par des parlementaires, le Conseil constitutionnel a en effet censuré , dans une décision ( n° 2026-911 DC ) rendue ce 14 août 2026, l’article 1er de la loi visant à interdire l’accès des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. En invalidant le cœur même du texte, les Sages portent un coup d’arrêt brutal à cette promesse phare de l’exécutif.
C’est en effet le cœur du texte qui a été sabré. La proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux, telle qu’elle a été adoptée en commission mixte paritaire pour élaborer un texte homogène entre l’Assemblée nationale et le Sénat, ne comporte qu’une poignée d’articles.
Et cet article est le véritable socle du dispositif. En le déclarant « contraire à la Constitution », les Sages de la rue de Montpensier ont tout simplement neutralisé l’ensemble du dispositif. Et lorsque l’on consulte la motivation du Conseil constitutionnel, force est de constater que l’analyse est sévère vis-à-vis du travail du législateur.
Certes, l’institution ne conteste pas la légitimité et le bien-fondé de la démarche. Elle reconnait, dans sa décision, que la protection de « l’intérêt supérieur de l’enfant » et la prévention des atteintes à l’ordre public sont des motifs suffisants pour limiter l’accès à certains services. Mais encore faut-il que la méthode employée reste dans les clous de la Constitution.
Et votre vie numérique devient sereine Bitdefender Premium Security est une solution de cybersécurité européenne qui vous protège automatiquement contre les pirates et toutes les menaces du web. Profitez de vos activités en ligne en toute tranquillité Sponsorisé La solution de cybersécurité tout-en-un En convoquant l’article de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le Conseil rappelle qu’il découle de la liberté d’expression et de communication le droit « d’accéder aux services de communication au public en ligne et de s’y exprimer ». Or, en prononçant une interdiction de portée générale sans distinction, le législateur a frappé trop fort et trop large.
Les membres du Conseil mettent en lumière trois lacunes majeures dans la copie rendue par le Parlement :
Résultat ? Faute d’avoir intégré des garde-fous pour affiner la portée et l’impact de la loi, le texte porte une atteinte excessive à la liberté d’expression et de communication. « L’atteinte n’est pas adaptée, nécessaire et proportionnée à l’objectif poursuivi », résume le Conseil dans son communiqué de presse.
Smartphones au lycée : Macron annonce l’interdiction totale pour la rentrée 2026 Le piège du contrôle d’identité pour tous les internautes L’autre revers majeur essuyé par le texte concerne la protection de la vie privée.
5News a agrégé ce résumé depuis le flux public du média. L'article complet, avec tout le contexte, est sur www.numerama.com — le contenu appartient à Numerama.