Pourquoi l’exécutif a-t-il tant tardé à faire émerger sa réforme de la Sécurité civile ?
Il n’aurait sans doute pas pu attendre davantage. Le ministre de l’Intérieur a annoncé sur les réseaux sociaux ce jeudi 13 août l’intention du gouvernement de présenter, enfin, sa réforme de la Sécurité civile, dont les mesures viennent d’être « arbitrées » par Sébastien Lecornu . Au même moment, les syndicats de sapeurs-pompiers appelaient à une mobilisation d’ampleur pour le mois de septembre, au sortir d’une rencontre « très décevante » avec le gouvernement.
« Depuis des années, les interventions augmentent, les crises se multiplient, les risques et la société évoluent, mais les moyens ne suivent pas » , a par exemple dénoncé le porte-parole de l’intersyndicale Xavier Boy, après la réunion organisée en urgence par Laurent Nuñez pour tenter d’apaiser la fronde des soldats du feu, officiellement en grève ce jeudi.
Leur action aura au moins permis l’accélération du calendrier gouvernemental. Laurent Nuñez a effectivement promis à ces professionnels l’avènement prochain de la loi de modernisation qu’ils réclament à chaque occasion (et à chaque crise). Il serait temps, plus de deux ans après le début des travaux sur ce texte majeur qui touche, notamment, aux missions des pompiers.
La loi que le ministre de l’Intérieur a annoncée ce jeudi pour l’automne prochain est en réalité dans les cartons depuis… avril 2024. Elle doit notamment traduire en acte les préconisations du rapport sur le « Beauvau de la Sécurité civile » , le nom donné par l’exécutif à une série de concertations sur plusieurs mois qui étaient censées redéfinir un modèle à bout de souffle. Ceci, sur le modèle du « Ségur de la Santé », qui avait permis des augmentations de salaire sans précédent pour le personnel hospitalier, ou du « Beauvau de la sécurité », organisé après l’affaire du passage à tabac du producteur de musique Michel Zecler.
Concernant les pompiers, les péripéties ont été nombreuses. Débutés donc en avril 2024, les travaux sur la Sécurité civile ont été interrompus par la dissolution de l’Assemblée nationale deux mois plus tard, avant de reprendre l’automne suivant, sous la houlette de François-Noël Buffet, alors ministre auprès du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Le dirigeant LR (désormais en partance pour le poste de Défenseur des Droits) a rendu public le rapport un an plus tard , à l’automne 2025, préconisant par exemple de généraliser les plateformes communes de traitement des alertes ou de donner plus de poids aux préfets sur ces enjeux. Depuis ? Plus rien, ou presque.
Alors que ces longs travaux devaient déboucher sur une ambitieuse loi de modernisation, aucune mesure n’a été prise en ce sens jusqu’à présent. Certes, la chute du gouvernement de François Bayrou, puis l’interminable saison budgétaire, n’ont pas aidé l’exécutif à trouver une piste d’atterrissage à ce projet.
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