États-Unis : comment Donald Trump démantèle la politique vaccinale américaine
Espacer les vaccins des enfants, séparer celui contre la rougeole, les oreillons et la rubéole en trois injections… Le nouveau décret signé lundi par Donald Trump a fait réagir l’Organisation mondiale de la santé (OMS) mercredi 12 août. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lui-même exprimé une vive inquiétude.
Dans une publication sur X, il rappelle que « la politique en matière de vaccination doit reposer sur un examen rigoureux, indépendant et transparent des meilleures données scientifiques disponibles, et non sur des influences politiques » . Cette prise de position intervient alors même que les États-Unis se sont retirés de l’OMS dès le retour au pouvoir de Donald Trump, en janvier 2025, ce qui limite la portée de cet appel.
Every parent wants to keep their children safe, and vaccines are among the most powerful tools for doing that, making deadly diseases preventable. @WHO is concerned that recent changes to US immunization policy are not aligned with decades of evidence that show when children… pic.twitter.com/vCfgJFrFGK
Le décret en question recommande d’espacer l’administration de certains vaccins aux enfants et de ne plus administrer en même temps celui pour la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR). Le président américain s’est justifié en sous-entendant qu’existerait un lien avec l’autisme . « Il y a des décennies, les enfants ne recevaient qu’une petite fraction des vaccins demandés aujourd’hui. À l’époque les gens étaient en bien meilleure santé et, bien sûr, le taux élevé d’autisme que nous voyons aujourd’hui n’existait pas », a déclaré Donald Trump lundi 10 août lors de la signature du décret.
Pourtant, aucune étude scientifique n’a établi de relation entre vaccination et autisme. Au contraire, pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, les données accumulées depuis des décennies montrent que les vaccins, y compris le ROR, sont sûrs. Par ailleurs, espacer inutilement des doses de vaccins n’apporterait pas de sécurité supplémentaire et pourrait, à l’inverse, laisser des enfants sans protection.
Jusqu’à l’arrivée de Robert F. Kennedy Jr à la tête du ministère de la santé , les recommandations vaccinales américaines étaient élaborées par un comité d’experts indépendants, l’Acip (le comité consultatif sur les pratiques d’immunisation). Des conseils dont a choisi de se défaire le ministre de la santé de Donald Trump.
En mai 2025, il a notamment retiré la recommandation du vaccin contre le Covid-19 pour les enfants et les femmes enceintes, sans consulter le comité d’experts. À peine un an plus tard, en juin 2026, ses dix-sept membres étaient démis de leurs fonctions et remplacés par d’autres, dont plusieurs ouvertement réfractaires à certains vaccins . À suivi le retrait de 500 millions de dollars de financements consacrés à la recherche sur les vaccins à ARN messager.
Début janvier 2026, la révision du calendrier vaccinal pédiatrique fédéral fait grand bruit .
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