"Une carte au trésor du génome du dodo": grâce à une nouvelle plateforme d'IA, Colossal Biosciences veut faire revivre cet oiseau incapable de voler
Colossal Biosciences ambitionne de faire revenir à la vie les dodos. La start-up américaine a annoncé mercredi 14 octobre le lancement de GenoMorph, une plateforme d’intelligence artificielle conçue pour identifier les modifications génétiques nécessaires à ses projets de "désextinction". Le dodo n’a pas foulé la Terre depuis des siècles. Mais cette époque est bientôt révolue. Pour tenter de ressusciter cet oiseau incapable de voler, disparu au XVIIe siècle, Colossal Biosciences mise désormais sur l’intelligence artificielle. La jeune pousse américaine a dévoilé mercredi 14 octobre GenoMorph, un outil destiné à identifier les modifications génétiques qui pourraient permettre de recréer certaines caractéristiques d’espèces éteintes, révèle TechCrunch .
Car faire revivre une espèce ne consiste pas simplement à retrouver son ADN et à le recopier. Encore faut-il comprendre quelles différences génétiques lui donnaient ses caractéristiques propres, puis déterminer comment les reproduire chez un animal vivant. Un défi particulièrement difficile puisque les scientifiques disposent souvent de très peu de matériel génétique ancien.
En effet, Colossal Biosciences ne dispose actuellement que d’un seul génome de cet oiseau, contre une centaine pour son projet consacré au mammouth laineux . En effet, les températures froides favorisent la préservation de l'ADN, tandis que les environnements tropicaux, dans lesquels vivait le dodo, compliquent sa récupération.
Mais avec des espèces disparues dont l’ADN est particulièrement rare, cette méthode atteint ses limites.
C'est là que GenoMorph intervient. La plateforme combine des données de génomique comparative, des mesures morphologiques en 3D et des informations sur le développement des organismes. L'objectif? Repérer les régions de l’ADN susceptibles d’expliquer les traits physiques distinctifs d’une espèce disparue.
Pour entraîner son IA, l’entreprise a rassemblé des données sur le développement de plusieurs oiseaux, comme des poulets, des cailles, des canards et des pigeons. Elle les a ensuite "croisées avec des informations génétiques et des mesures 3D du crâne de plus de 70 espèces d’oiseaux". Un travail qui a nécessité plus d’un an de développement.
"L’IA apprend quelles régions de l’ADN sont actives lors du développement du bec et des structures faciales chez différents oiseaux", détaille le cofondateur de l'entreprise. À partir de ces observations, l'algorithme peut prédire quels mécanismes génétiques ont pu contribuer à donner au dodo son apparence si particulière. De quoi faire de la plateforme une "carte au trésor du génome du dodo".
Mais Ben Lamm insiste: "Identifier une modification potentielle ne signifie pas que nous l’introduisons immédiatement chez un animal ou que nous supposons qu’elle est sans danger", souligne-t-il. Colossal Biosciences affirme avoir ainsi identifié environ 2.300 cibles prometteuses pour modifier l’ADN impliqué dans la morphologie du crâne et du visage de l’oiseau.
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