L'Etat est à genoux, il faut refondre en profondeur le maintien de l’ordre, par Manuel Valls
La liberté de manifester et l’ordre public ne s’opposent pas.
Garantir l’une suppose de faire respecter l’autre.
Dans une démocratie, l’Etat détient le monopole de la violence légitime .
Elle doit être nécessaire, proportionnée et contrôlée pour imposer respect et autorité.
Cela s’appelle l’ordre républicain.
Notre modèle de maintien de l’ordre, pensé pour des foules organisées, affronte depuis des années des violences diffuses, peu encadrées, souvent sans interlocuteurs.
Les émeutes de juin 2023 après la mort de Nahel Merzouk l’ont montré : mairies, écoles et commissariats incendiés, jusqu’au domicile d’un maire attaqué avec sa famille.
Ces violences devaient être sanctionnées avec fermeté.
Le mouvement lycéen actuel , plus politique, très hostile à la police, est marqué par des agressions contre les forces de sécurité (1087 blessés) et, fait inédit, contre les personnels de l’Education nationale (149), et par des jeunes blessés (250), dont plusieurs grièvement, lors d’interventions policières.
En marge des manifestations, des groupes très violents (black blocs, ultragauche, jeunes délinquants) et mobiles, grâce aux réseaux sociaux, affrontent les forces de l’ordre, pillent les commerces, dégradent des bâtiments publics et le mobilier urbain.
Ce 17 octobre, un palier a été franchi dans plusieurs grandes agglomérations, donnant le sentiment d'une perte de contrôle et de chaos.
Les expressions "violences policières" et "la police tue" sont irresponsables.
Nos forces interviennent pour protéger les personnes et les biens dans une société fracturée, plus violente, face à des individus qui veulent "se faire des flics".
Les fautes individuelles doivent être sanctionnées, sans faire le procès d’une institution tout entière.
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