Colère des lycéens : « Pour l’instant, c’est gérable »… Faudra-t-il rattraper les heures de cours perdues ?
Quinze jours de cours évaporés, et personne pour dire comment les récupérer. À la veille des vacances de la Toussaint, le mouvement lycéen lancé fin septembre contre le manque de moyens et Parcoursup reflue, sans s’éteindre. Et une question reste en suspens : que faire des heures perdues ?
« C’est un point sur lequel on n’a aucune communication, ni de nos chefs d’établissement, ni de l’académie, ni de l’Éducation nationale. Il n’y a pas de moyens particuliers. S’il y a quelque chose de fait pour compenser ces absences, ça restera de l’ordre de l’arrangement entre l’enseignant et l’élève. »
Cela dit, les enseignants partagent un constat : à ce stade, l’ampleur du retard reste maîtrisable. « Pour l’instant, c’est gérable, d’autant que le mouvement est un peu retombé cette semaine », estime Déborah Caquet. Florent Ternisien, secrétaire fédéral de la CFDT éducation formations recherche publique, abonde : « C’est un volume d’heures rattrapable, et on est à un moment de l’année où on peut voir venir. »
Les cours du tronc commun, en particulier, sont moins impactés que les enseignements de spécialité. Le risque se loge ailleurs. « La crainte, c’est pour les élèves décrocheurs, souligne l’enseignante. Cet épisode a été une occasion de manquer quinze jours de cours, et il y a un risque qu’ils aient du mal à rattraper. » « En seconde, il faut souvent les prendre en main, c’est la période où on rencontre les parents d’élèves perturbateurs, ajoute Enora, enseignante dans un lycée de région parisienne. Là, le lien est rompu, on a peur que des élèves décrochent, que les ambiances de classe se dégradent. »
Côté programme, Enora espère pouvoir rattraper le retard en accélérant sur les autres chapitres du cours. Pas question, pour la CFDT, d’empiler des heures supplémentaires à la rentrée. « Il faut entendre ce que les élèves ont à dire, mais ce n’est pas plus d’heures », tranche Florent Ternisien. Selon lui, « des remplacements seraient plus utiles ». Gwenaël Le Paih, du SNES-FSU, met en garde sur le fait de ne pas « tout faire peser sur les 3.000 TZR », ces enseignants remplaçants annoncé par le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray.
Le syndicaliste plaide pour une autre piste : la suppression du grand oral. « L’annulation de la préparation de cette épreuve pourra servir à libérer des heures pour tout le reste du programme. » Il réclame surtout un cadre. « On ne peut pas laisser les collègues se débrouiller tout seuls, il faudra un accompagnement au niveau national », avertit Gwenaël Le Paih.
En attendant, les établissements bricolent. À Rezé, près de Nantes, le proviseur du lycée Jean-Perrin a réuni un conseil pédagogique extraordinaire. Résultat : travail à distance et les notes seront comptées sur le semestre plutôt que le trimestre pour obtenir « des moyennes représentatives ».
Chez les lycéens, une crainte revient sans cesse. « La grosse question qu’on a souvent, c’est : est-ce que ces absences vont compter dans notre dossier pour Parcoursup ? », rapporte Déborah Caquet. Florent Ternisien se veut rassurant : « Elles n’apparaissent pas en tant que telles sur Parcoursup.
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