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"Notre chiffre d'affaires va être divisé par trois": minés par les canicules à répétition et la sécheresse, les agriculteurs français à la peine

BFMTV ·
"Notre chiffre d'affaires va être divisé par trois": minés par les canicules à répétition et la sécheresse, les agriculteurs français à la peine

Depuis le début de l’été, les agriculteurs français affrontent des vagues de chaleur à répétition et une sécheresse historique: dans les champs, les cultures souffrent, les rendements baissent et certaines récoltes sont déjà lourdement touchées. Plusieurs agriculteurs témoignent auprès de BFM des conséquences, parfois lourdes, de cette sécheresse sur leurs exploitations. Dans les champs français cette année, les récoltes abîmées par la sécheresse font peine à voir. Dans l'exploitation bio d'Arnaud Piraut, située à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (Loire-Atlantique), beaucoup d'aubergines sont brûlées, les salades et les épinards pas homogènes. Les boules de céleri-rave, qui devraient peser 600g à cette période de l'année, n’en font que 300. "Tout est deux fois plus petit qu'il ne devrait être", souffle-t-il. "Les cultures ne sont pas belles, on a eu beaucoup de casse et de brûlures sur les marchandises".

Ce maraîcher bio, installé depuis 2018, est "désemparé". Fin juin, face à l'absence de pluie et à des réserves d'eau épuisées plus vite que prévu, cet homme de 42 ans a dû prendre une décision radicale: arrêter de semer et de planter sur la quasi-totalité de ses 30 hectares. Cet été, il a laissé de côté la mâche, la roquette, les radis et ne cultive que trois hectares, consacrés aux courgettes et aux aubergines, les deux cultures qu'il a choisi de préserver en priorité.

Cette réduction forcée va toutefois avoir d'"importantes conséquences économiques", selon ses mots. Sur son exploitation bio, Arnaud Pirault a déjà été contraint de se séparer de la moitié de ses contrats saisonniers: il ne lui reste aujourd'hui que huit CDD, contre les 20 initialement prévus. Pour lui et son associé, l'été a été "infernal": il a dû redoubler d’efforts pour économiser les dernières réserves d’eau disponibles et maintenir les trois hectares de cultures restantes.

Malgré ces efforts, la fin de saison s'annonce particulièrement difficile. Arnaud Piraut s'attend à voir son chiffre d'affaires divisé par trois cette année. "On a des rendez-vous bancaires prévus en octobre. On va essayer de prolonger les traites sur 15 ans au lieu de 10, parce qu'on sait qu'on va faire du négatif cette année", explique-t-il.

Pour la suite, le maraîcher sait déjà qu'il devra adapter son exploitation. "Il faut qu'on s'adapte. On est inquiets, mais de toute façon, on va faire moins pour pouvoir mieux gérer l'eau. Peut-être qu'on cultivera moins au printemps pour garder de l'eau pour l'été." Pour l'heure, il espère simplement que les quelques précipitations annoncées la semaine prochaine permettront de sauver les cultures restantes. "Ils annoncent un peu de pluie la semaine prochaine, on espère pouvoir en profiter pour replanter un peu".

À quelques centaines de kilomètres de là, la sécheresse frappe aussi l'exploitation céréalière de Cédric Dury, installé à Merseuil en Côte-d'Or. Âgé de 40 ans, il cultive notamment du colza, du blé, de l'orge, du soja, du maïs mais aussi de la vigne. "Habituellement si vous passez voir les maïs à cette période, ils sont bien verts.

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