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Incendie en Gironde : la population du Porge exprime sa colère lors d’une réunion avec la préfète

Ouest-France ·
Incendie en Gironde : la population du Porge exprime sa colère lors d’une réunion avec la préfète

Cris et appels à la démission : les sinistrés du mégafeu de juillet en Gironde ont exprimé leur colère aux services de l’État et exigé des « réponses » sur les « erreurs » commises dans la lutte contre l’incendie, mercredi soir lors d’une réunion publique, relate l’Agence France-Presse (AFP).

La préfète du département Sophie Brocas, accompagnée notamment de responsables des pompiers et de la gendarmerie et du maire du Porge Martial Zaninetti, s’est très rapidement retrouvée sous le feu des questions, après avoir détaillé le déroulé des opérations des sapeurs-pompiers, au moment du déclenchement du feu, le 22 juillet, à 12 h dans la commune voisine de Saumos.

« On va répondre à vos questions avec humilité », a-t-elle dit en introduction, « bien consciente du choc, de la peur, de la colère, du traumatisme que ça représente de perdre sa maison ».

Le Porge, bourg de 3 500 habitants, est le village qui a perdu le plus d’habitations - plus de 180 sur un total de 250 - dans l’incendie qui a parcouru 42 000 hectares, du jamais vu depuis 1949 en France.

« Comment ce feu a-t-il pris de telles proportions ? », « Pourquoi cette stratégie ? », « Pourquoi n’avons-nous pas eu de message FR-Alert pour évacuer sur nos téléphones ? », l’ont interpellé quelques-unes des 500 personnes rassemblées dans la salle des fêtes surchauffée.

« Vous nous dites que vous avez fait au mieux, mais est-ce que vous cherchez des manquements ? », lui a-t-on encore lancé, avec cette idée résumée par Nelly (qui n’a pas donné son nom), 58 ans, qu’il y a eu des « erreurs dans le travail des pompiers, qui n’étaient pas non plus assez nombreux ».

Le patron du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours) 33, Marc Vermeulen, a aussi été particulièrement pris à partie. « Est-ce que vous avez été débordés, oui ou non ? »

De nombreux volontaires de l’association DFCI (Défense des forêts contre l’incendie) ont demandé pourquoi leur parole « n’a pas été prise en compte », alors que « nous connaissons le terrain ».

« Le feu brûlerait encore si on n’avait pas été là », a dit l’un d’eux, la voix étranglée.

« Ce feu n’aurait pas dû prendre une telle ampleur, il aurait dû être maîtrisé dans la demi-heure qui suivait, j’y étais au départ », témoigne Alain Blanc, 75 ans, volontaire de la DFCI et habitant « très en colère » du Porge.

« J’ai du mal à entendre dire que les sapeurs-pompiers de Gironde sont incompétents », a répondu Sophie Brocas, au milieu des invectives et des « Démission » criés dans la foule.

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