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"Tout le monde fait ça, on le fait aussi" : un jeune est mort, mais les plongeons continuent sur la Corniche à Marseille

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"Tout le monde fait ça, on le fait aussi" : un jeune est mort, mais les plongeons continuent sur la Corniche à Marseille

Margaux Longeroche Publié le vendredi 14 août 2026 à 18h01 Mis à jour le vendredi 14 août 2026 à 18h08

Un jeune est mort des suites de ses blessures cette semaine à Marseille, après un plongeon depuis la Corniche. Malgré cela, les sauts depuis les rochers continuent. La police municipale multiplie les passages pour tenter de les dissuader.

À Marseille, les plongeons depuis les rochers de la Cornichesont une tradition. Très dangereuse, mais à laquelle de nombreux jeunes refusent de déroger malgré les risques. Chaque jour, ils viennent ici relever des défis, parfois poussés par leurs amis ou par ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux.

Cette semaine, un jeune homme de 21 ans originaire du Jura est décédé des suites de ses blessures après un saut le 5 août. Le week-end dernier, deux jeunes Grenoblois de 18 ans ont eux aussi été grièvement blessés après avoir plongé. L’un d’eux risque notamment de garder des séquelles motrices.

Malgré ces accidents, les plongeurs restent nombreux. Paul et Antoine, 15 ans, sautent depuis des rochers situés à environ neuf mètres au-dessus de l’eau. Avant de se lancer, ils assurent avoir vérifié la profondeur. Des habitués : " On le fait régulièrement dans les Calanques ". L'’effet de groupe joue aussi beaucoup. " Les copains sautent, du coup, on va sauter avec eux. Tout le monde fait ça, donc on le fait aussi ", raconte l’un des adolescents.

Avant chaque saut, les deux jeunes gardent également un œil sur le véhicule de la police municipale , stationné au-dessus des rochers. L’un d’eux a déjà été averti par un agent : " La police est arrivée et a dit -la prochaine fois que tu sautes, ce sera une amende- ils le disent à chaque fois pour nous faire peur ."

Sur place, certains habitués reconnaissent que le danger est réel... mais pour les autres. Eddy est Marseillais, il plonge depuis qu’il est petit, et estime que ce sont les autres jeunes qui prennent trop de risques. " Ils ne savent pas s’y prendre, ils sautent comme des bourrins et ils ne font pas attention (...) il faut savoir où sauter, ne pas y aller au hasard" , assure-t-il. Eddy plaide par ailleurs pour l’installation de plongeoirs sécurisés , qui permettraient selon lui de limiter les accidents.

La Ville de Marseille mise pour l’instant sur la prévention. Des médiateurs sociaux sont envoyés sur les différents spots de plongeon pour rappeler les dangers et tenter de dissuader les jeunes. Les sauts sont interdits au-dessus de trois mètres de hauteur et peuvent donc être sanctionnés par une amende pouvant aller jusqu'à 150 euros. Mais sur le terrain, les médiateurs constatent que leur présence ne suffit pas toujours.

Pascal est un habitant du quartier qui constate régulièrement que les jeunes bravent l'interdit. Il estime qu’il faudrait aller plus loin et empêcher physiquement l’accès aux rochers : " Mettre des grillages ou des trucs comme ça. Là, c’est la solution parce qu’il n’y a rien qui les arrête. "

Une fois les médiateurs partis, les plongeons peuvent en effet reprendre.

Ce sont peut-être les réseaux sociaux, faisant circuler de nombreuses vidéos sur ces sauts à Marseille, qui permettront une prise de conscience.

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