Pourquoi des dizaines de milliers de moutons ont-ils paniqué simultanément deux fois en l’espace de quelques années ?
Imaginez des milliers de moutons surgir de l’obscurité pour exploser les clôtures, ravager les champs de culture, piétiner les sentiers dans une cacophonie invraisemblable. Cette scène, digne d’un film, s’est pourtant réellement produite lors d’une série de paniques ovines dans la campagne anglaise, à la fin du XIXe siècle. Un phénomène étrange qui reste encore sans explication convaincante.
Tout commence le 3 novembre 1888, vers 20 h, quand des dizaines de milliers de moutons ont été pris d’une panique générale dans des centaines de fermes de l’Oxfordshire, rapporte la BBC . Les troupeaux se sont alors enfuis dans un désordre indescriptible, ravageant plus de 500 kilomètres carrés de ce comté situé au nord-ouest de Londres. Partis à la recherche de leurs bêtes, les éleveurs les ont retrouvées à plusieurs kilomètres de leur point de départ, visiblement terrorisées, raconte Popular Mechanics .
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Deux semaines plus tard, le Times de Londres est le premier média de référence à relater l’évènement : « Nous n’avons entendu aucune explication plausible à ce phénomène, et aucun éleveur ne peut en fournir. La nuit était d’une obscurité totale, ponctuée d’éclairs sporadiques, mais nous ne pensons pas que ces circonstances puissent expliquer un tel phénomène sur une zone aussi étendue. » Le journal écarte aussi l’hypothèse d’une intervention humaine car « mille hommes n’auraient pas pu effrayer et libérer tous ces moutons » .
Alors, comment expliquer cet inhabituel remue-ménage ? Dès la fin du XIXe siècle, le mystère intrigue, d’autant que cinq ans après la première crise, le phénomène se reproduit dans la même région. Suffisant pour inciter un ornithologue local, Oliver Vernon Aplin, à se pencher sur la question. Dans un article publié en 1921 par la revue Nature , le scientifique conclut que ces paniques de moutons étaient probablement dues à des nuits extrêmement sombres. Un témoin de la seconde vague de panique, en 1893, lui a en effet raconté comment une obscurité inhabituelle s’était abattue sur la région, entre 20 h et 21 h, une impression corroborée par un deuxième témoignage relatant l’apparition d’un nuage sombre plongeant le paysage dans des conditions similaires à une pièce sombre.
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« M. Aplin affirme que les animaux voient probablement parfaitement bien lors des nuits noires ordinaires, et l’on peut imaginer la désorientation qui les saisit lorsqu’ils se retrouvent plongés dans une obscurité totale où ils ne voient rien » , rapporte l’article de Nature , cité par Popular Mechanics . Ces conditions ont peut-être seulement déstabilisé quelques moutons, au départ. Mais l’instinct grégaire de cet animal a pu favoriser la diffusion de cette panique à travers les troupeaux.
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