TGV : Velvet décroche sa licence pour rouler en France et rêve de concurrencer la SNCF
La compagnie ferroviaire privée Velvet a franchi une étape clé lundi 31 août 2026, en obtenant sa licence d’exploitation de trains à grande vitesse sur le réseau français, délivrée par le ministère des transports. Ce document atteste que l’entreprise remplit les conditions juridiques et financières nécessaires pour lancer des services de transport de voyageurs.
Il lui reste cependant à décrocher une seconde autorisation obligatoire, le certificat de sécurité unique (CSU), attendu en décembre 2027, qui validera sa maîtrise des risques et de la sécurité.
Officiellement lancée en juin 2024 sous le nom de Proxima, avant d’adopter la marque Velvet en juillet 2025, l’entreprise a été fondée par Rachel Picard, ancienne directrice de Voyages SNCF, et Tim Jackson, ex-dirigeant de RATP Dev pour les îles britanniques. Le duo a levé un milliard d’euros auprès du fonds d’investissement français Antin Infrastructure Partners pour financer son projet.
L’entreprise entend concurrencer la SNCF sur la façade atlantique, avec quatre destinations à grande vitesse au départ de Paris Montparnasse vers Bordeaux, Nantes, Angers et Rennes. Dans un premier temps, seule la liaison Paris-Bordeaux ouvrira, les voyages vers Rennes, Angers et Nantes suivront l’année d’après, une fois les douze trains commandés livrés.
Velvet a commandé douze rames Avelia Horizon au constructeur Alstom, pour un montant de 850 millions d’euros. Ce sont les mêmes rames, aussi appelées TGV M , que la SNCF met en service cette rentrée 2026. Le premier train Velvet, aux couleurs vert et rose lilas de la compagnie, a été dévoilé en avril à La Rochelle.
Elle se trouve actuellement chez Alstom en phase d’essais statiques (portes, climatisation, traction), avant des essais dynamiques sur le réseau prévu début 2027, pendant environ neuf mois. Alstom doit ensuite déposer un dossier de certification auprès de l’Agence ferroviaire européenne début 2028, avec un feu vert espéré en juin de la même année.
La maintenance du parc sera assurée par Alstom pendant quinze ans, dans un centre dédié construit à Marcheprime, en Gironde, par Lisea, le concessionnaire de la ligne à grande vitesse Paris-Bordeaux. Ce chantier a été frôlé par les incendies de l’été 2026 en Gironde , entraînant une dizaine de jours de retard, sans remettre en cause le calendrier global. Les mesures de protection contre le feu doivent toutefois être renforcées. Le site doit être livré fin 2027, avant l’installation d’Alstom début 2028.
La mise en service commerciale reste fixée à l’été 2028. Velvet se présente comme le premier concurrent de la SNCF né ex nihilo, contrairement à l’italien Trenitalia , adossé à sa maison mère. La compagnie transalpine s’est implantée sur l’axe Paris-Lyon-Marseille depuis fin 2021 et ambitionne d’ouvrir en 2029 une liaison Paris-Londres.
Le marché ferroviaire français, ouvert à la concurrence, reste encore largement dominé par la SNCF. Outre Trenitalia, l’espagnol Renfe a réduit ses ambitions en France, ne conservant qu’un train quotidien entre Marseille et l’Espagne.
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