À New York, le drag peut “sauver la vie” mais permet difficilement de la gagner
Perché sur le comptoir dans son corset blanc taché de sang façon La Fiancée de Chucky, Xaddy Addy exécute parfaitement un salto malgré ses talons aiguilles de 15 centimètres. Le public du bar Pink Metal applaudit à tout rompre le drag-king noir trans. Le bar queer et intimiste du quartier de Bushwick, à New York, accueille le Superstar Open Set, une scène ouverte coanimée chaque semaine par Xaddy Addy et la drag-queen Pachacvnti.
Au terme d’une soirée de performances d’artistes émergent·e·s de Brooklyn, la foule est fascinée par le clou du spectacle : Xaddy Addy agrafe les pourboires en espèces sur ses joues, ses cuisses et ses hanches. Même les applaudissements nourris du public ne suffisent pas à couvrir le cliquetis de l’agrafeuse qui transperce sa peau. Sa performance drag est volontairement “bizarre”, d’un genre qui mêle drag, horreur, acrobaties et théâtralité complexe. Mais son assurance tranche avec la précarité économique et les discriminations qui émaillent son parcours.
Originaire de Manhattan, Xaddy Addy dit que le drag “lui a sauvé la vie”, après des années de travail du sexe “uniquement pour survivre”. Le drag est à la fois une vocation et un art pour beaucoup, mais il joue aussi un rôle majeur dans l’économie de la vie noc
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Article réservé aux abonnés LGBTQI. Des drag-queens à l’heure du conte ? “Ceux qui se mettent en travers du chemin, ce sont les adultes”
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