Peut-on exiger le silence au cinéma sans passer pour un réac ?
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La question est posée du bout des lèvres à chaque personne que je croise depuis mercredi : suis-je devenue réac ? J’avais ce jour-là assisté à une projection à 10h30 du film « De la Comédie-Française », à l’UGC des Halles à Paris. Installée dans une salle quasi vide (le film est sorti il y a trois semaines), je pensais me trouver dans des conditions de visionnage optimales lorsque, dès le premier plan montrant un buste de Molière, j’ai entendu, deux rangées devant moi, une mère glisser à voix haute à sa fille en bas âge : « Ça, ma chérie, c’est Molière, il écrivait des pièces de théâtre il y a très longtemps. » Prélude d’une séance interminable, rythmée par les échanges incessants entre l’une et l’autre (« Maman, le monsieur il a dit “merde” ! »).
Dix jours plus tôt, c’est d’une autre séance dont je sortais furibonde, celle de « Spiderman : Brand New Day » (puisque, comme le disait le poète américain Walt Whitman, « je contiens des multitudes » ). Pendant 2h30 de film, un jeune couple à quelques sièges de moi s’est soudain senti transporté dan…
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